Depuis le 18 juillet 2026, faire installer une climatisation réversible chez soi coûte bien moins cher en taxes : la TVA est tombée à 5,5 %, contre 20 % sur le matériel et 10 % sur la pose auparavant. Le taux réduit couvre toute l’opération, appareil et main d’œuvre réunis, sur une seule facture. Reste à savoir si votre logement et votre matériel entrent dans les clous, car l’arrêté qui encadre la mesure pose des critères techniques serrés. Voici ce qui ouvre droit au taux réduit et ce qui en reste écarté.
La TVA sur la climatisation est passée à 5,5 %
L’arrêté du 13 juillet 2026, publié au Journal officiel le 17 juillet, est entré en vigueur le lendemain. Il fait entrer les pompes à chaleur air/air réversibles fixes dans la liste des équipements de rénovation énergétique éligibles au taux réduit prévu par l’article 278-0 bis A du code général des impôts. En clair : la climatisation réversible quitte le rayon des équipements de confort pour rejoindre la famille des pompes à chaleur air/eau et de la géothermie, taxées à 5,5 % depuis longtemps.
La loi de finances pour 2026 avait ouvert la porte en février sans la franchir : l’extension attendait un texte fixant les critères techniques. Il est arrivé en pleine vague de chaleur, porté par le plan gouvernemental annoncé mi-juillet.
Méfiez-vous des articles publiés avant l’été : beaucoup annoncent encore 5,5 % sur le matériel et 10 % sur la pose. Cette règle-là a disparu pour les appareils éligibles.
| Poste de la facture | Avant le 18 juillet 2026 | Depuis |
|---|---|---|
| Unités intérieure et extérieure | 20 % | 5,5 % |
| Pose et mise en service | 10 % | 5,5 % |
| Liaisons frigorifiques, supports, goulottes | 10 % | 5,5 % |
| Appareil vendu seul, sans installation | 20 % | 20 % |
Les conditions à remplir pour y avoir droit
Le taux réduit ne tombe pas du ciel avec le premier climatiseur venu. Cinq conditions se cumulent :
- Un logement achevé depuis plus de deux ans, affecté à l’habitation, maison comme appartement.
- Une installation fixe et permanente, posée par un professionnel.
- Une facture unique : la même entreprise fournit le matériel et l’installe.
- Un fluide frigorigène conforme au calendrier européen F-Gas, apprécié à la date de signature du devis.
- Un appareil raccordable à un réseau numérique, capable de recevoir des consignes de température à distance.
Performance : tout se joue sur l’étiquette énergie
Le critère qui recale le plus de modèles tient sur une vignette colorée, la même que celle d’un lave-linge ou d’un réfrigérateur. Pour les appareils jusqu’à 12 kW, l’arrêté exige la classe A++ en mono-split et A+ en multi-split, en chauffage comme en refroidissement. Un mono-split relie une unité extérieure à une seule unité intérieure, un multi-split en dessert plusieurs.
Au-delà de 12 kW, le texte raisonne en efficacité énergétique saisonnière : 145 % en chauffage et 250 % en refroidissement pour les machines installées en toiture, 130 % et 150 % pour celles qui assurent en plus la ventilation, la surventilation nocturne et la filtration de l’air.
Quels appareils restent au taux plein ?
Plusieurs familles d’appareils restent hors du dispositif :
- Le climatiseur mobile sur roulettes, qui ne constitue pas une installation permanente.
- L’appareil qui souffle du froid seul : le texte vise les modèles réversibles, capables de chauffer aussi en hiver.
- Le modèle sans connectivité, même bien classé sur son étiquette.
Le cas de la climatisation gainable mérite une mention à part. L’arrêté cite les mono-splits et les multi-splits sans nommer les systèmes gainables, dont les unités se cachent dans les combles ou les faux plafonds. Tant que l’administration fiscale n’a pas tranché, les installateurs sérieux appliquent le taux qu’ils savent défendre plutôt qu’une promesse fragile.
Le taux dépend de la fin du chantier, pas de la date du devis
Pour une installation, le fait générateur de la TVA, c’est l’achèvement des travaux.
Cette règle vaut de l’or pour les projets lancés avant l’été. Un devis signé en juin dont le chantier se termine en septembre relève du taux de 5,5 %, dès lors que l’équipement coche les critères. La signature du devis ne verrouille aucun taux. Inutile de faire resigner quoi que ce soit. Facturer 20 % sur un chantier achevé après le 18 juillet revient à surfacturer la taxe au client.
Une réserve subsiste sur les acomptes déjà encaissés avant la bascule : la TVA devient exigible à l’encaissement, donc la fraction versée avant le 18 juillet suit le taux en vigueur ce jour-là. La doctrine fiscale sur cette transition n’était pas publiée à l’été 2026.
Ce que ça change sur votre facture

Sur un multi-split qui dessert trois ou quatre pièces, l’écart entre 20 % et 5,5 % se chiffre en centaines d’euros. La différence apparaît sur le devis sans aucune démarche de votre part, à la différence d’une aide qu’il faut demander, monter et attendre.
Le taux réduit se cumule avec les certificats d’économie d’énergie, dont les montants versés pour une clim réversible obéissent à leurs propres critères. Un appareil éligible à la TVA à 5,5 % n’ouvre pas d’office droit à la prime CEE. L’inverse vaut aussi.
Le bon réflexe avant de signer : demander à l’installateur la référence exacte du modèle et la preuve de son éligibilité, classe énergétique, fluide frigorigène et connectivité. Un professionnel qui applique le taux réduit conserve ces justificatifs en cas de contrôle. S’il annonce 5,5 % sans savoir vous dire pourquoi, la prudence s’impose.







