Poser une climatisation fixe, c’est souvent synonyme d’été plus frais et d’hiver mieux tempéré. Mais avant que le technicien fixe l’unité extérieure sur votre façade, une étape administrative s’impose dans la grande majorité des cas : la déclaration préalable de travaux. Voici un guide concret pour comprendre quand elle est obligatoire, quel formulaire remplir et comment constituer votre dossier.
Pourquoi la climatisation nécessite une déclaration préalable
Tout part du bloc extérieur, cette unité qui se fixe en façade, sur un balcon ou en toiture. C’est elle qui change l’apparence de votre bâtiment aux yeux du voisinage et de la rue. L’article R421-17 du Code de l’urbanisme oblige à déclarer toute modification de l’aspect extérieur d’un bâtiment existant, sauf travaux de ravalement. En posant ce boîtier, vous entrez dans ce cadre.
Autrement dit : ce n’est pas la climatisation en elle-même qui déclenche la procédure, mais le fait qu’elle soit visible depuis l’espace public. L’unité intérieure, elle, ne pose aucun problème administratif.
Dans quels cas êtes-vous concerné ?
Maison individuelle avec unité extérieure en façade
C’est le cas le plus courant. Vous êtes propriétaire, vous souhaitez fixer le groupe extérieur sur votre façade ou en toiture visible de la rue : une déclaration préalable est obligatoire. Pas de permis de construire, pas de procédure lourde, mais une formalité à ne pas esquiver.
À noter : la distance minimale de 3 mètres par rapport aux limites de propriété voisines est souvent imposée par le Plan local d’urbanisme (PLU). Consultez votre mairie avant de choisir l’emplacement.
Copropriété : une étape supplémentaire
En appartement, deux démarches sont nécessaires. Avant même de déposer quoi que ce soit en mairie, vous devez soumettre le projet au vote des copropriétaires en assemblée générale. Ce vote requiert la majorité absolue (la moitié des voix de tous les copropriétaires, pas seulement des présents). Sans cet accord, la démarche s’arrête là.
Une fois l’accord du syndicat obtenu, vous pouvez constituer votre dossier de déclaration préalable comme pour une maison individuelle.
Zones protégées et monuments historiques
Si votre logement se situe à moins de 500 mètres d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable, les délais d’instruction sont allongés. L’architecte des bâtiments de France (ABF) donne son avis sur le projet. Dans les cas les plus contraignants (bâtiment classé lui-même), c’est une autorisation préfectorale spéciale qui s’applique.
Quel formulaire utiliser et comment le remplir ?

Pour une maison individuelle, le formulaire à télécharger est le Cerfa n°13703 (référence exacte : Cerfa n°13703*08, dédié aux modifications de façades et travaux sur constructions existantes). Pour un appartement ou tout autre bâtiment, c’est le Cerfa n°16702-01.
Ces formulaires demandent :
- L’identité du déclarant (propriétaire ou mandataire)
- L’adresse et la description du terrain
- La nature des travaux (pose d’un boîtier de climatisation en façade)
- La surface concernée
- La date de début et la durée estimée des travaux
Concrètement, dans la case « description des travaux », on écrit par exemple : Pose d’une unité extérieure de climatisation réversible sur façade sud, à 2,50 mètres du sol, dimensions 80 × 30 × 25 cm, coloris blanc.
Les formulaires sont disponibles sur service-public.fr ou via le guichet numérique de votre mairie. Depuis 2022, beaucoup de communes acceptent (ou imposent) la transmission dématérialisée.
Les pièces à joindre à votre dossier
Un dossier bien constitué, c’est la meilleure garantie d’éviter les allers-retours avec l’instructeur. Voici les pièces attendues :
- DPMI1 : plan de situation du terrain dans la commune (extrait de carte ou plan cadastral)
- DPMI4 : plan des façades et des toitures avant/après travaux — c’est la pièce maîtresse. Il doit montrer l’emplacement précis du boîtier sur la façade, avec ses dimensions
- DPMI6 : document graphique ou photomontage simulant l’aspect après pose
- DPMI7 et DPMI8 : photographies de l’environnement proche et lointain du projet
Deux pièces facultatives mais fortement conseillées : le plan de masse (DPMI2) et une notice descriptive indiquant les matériaux utilisés, la couleur et les caractéristiques techniques du groupe extérieur. Ces éléments facilitent l’instruction et limitent les demandes de compléments.
Que se passe-t-il après le dépôt ?
Une fois le dossier déposé, la mairie dispose d’un mois pour instruire la demande (délai de droit commun). Ce délai peut être prolongé si l’avis de l’ABF est nécessaire ou si votre dossier se situe dans un secteur particulier.
Trois réponses sont possibles :
- Un arrêté de non-opposition : vous pouvez démarrer les travaux
- Un refus motivé : vous devez renoncer au projet ou le modifier en conséquence
- Un accord tacite : si vous n’avez aucune réponse à l’issue du délai, c’est un avis favorable implicite. Pensez à conserver une preuve du dépôt
Quand l’autorisation est accordée, affichez-la sur votre façade pendant toute la durée des travaux. C’est une obligation légale. Après la pose, une déclaration attestant l’achèvement des travaux (DAACT) peut être exigée par certaines communes.
Installer sans déclaration, c’est s’exposer à une amende pouvant atteindre 300 000 euros et à une obligation de remise en état. À l’heure de revendre, une installation non déclarée pèse aussi sur la négociation et peut bloquer certaines démarches notariales.







